Nous sommes des citoyen.ne.s de Seine-Saint-Denis. Nous comptons sur les mobilisations sociales pour montrer un esprit de résistance et construire des solidarités. Pour nous, la citoyenneté, c’est réfléchir et faire réfléchir, agir et faire agir. Commençons à décider du monde dans lequel nous voulons vivre.
9 Novembre 2025
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Après 2014, le village de Saillans s’est fait connaître par son expérience démocratique inédite. La Ligue des Droits de l’Homme de Montreuil a eu la bonne idée d’organiser une projection-débat autour de cette expérience.
Le film projeté le 4 novembre 2025 montre quelques-uns des points abordés au cours de cette mandature autogérée par les Saillansons et Saillansonnes, cela va de l’installation de pots de fleurs dans l’espace public à l’éclairage la nuit dans les rues en passant par le très technique Plan Local d’Urbanisme.
En effet, nous sommes habitué.e.s à la monarchie, présidentielle ou municipale, et il n’est pas évident de trouver une autre façon de décider. D’autant qu’il ne s’agissait pas à Saillans de choisir entre différentes options mais vraiment de choisir la question et la solution sans être « guidé » par le maire.
Après le film, la discussion se déroule en petits groupes de quatre personnes, pour favoriser la parole de tout le monde. Bonne idée pour rester dans l’esprit de la soirée !
La vingtaine de personnes présentes a remarqué la différence entre l’expérience citoyenne de Saillans et les « conventions citoyennes » à la sauce Macron, qui étaient incroyablement prometteuses mais ont été totalement enterrées une fois terminées.
L’équipe citoyenne de Saillans a perdu les élections de 18 voix sur 1100 électeurs en 2020. En effet, l’expérience a aussi crispé des personnes plus attachées à leurs habitudes, au respect de l’autorité et à une vie politique qu’elles critiquent tout en restant spectatrices. Les populations qui ont soutenu l’innovation ont pu être perçues comme trop progressistes, ou diplômées, ce qui a créé des fractures chez les autres.
Saillans a permis de prendre la parole à des habitant.e.s qui ne parlaient jamais, en particulier les femmes, grâce notamment à des procédures où la parole n’est pas monopolisée par des « grandes gueules », en utilisant des post-its ou des gommettes, par exemple. Chacun.e était ensuite confronté.e à des décisions qu’il ou elle avait prises sans que ce soit la « mairie » puisque tout le monde pouvait participer à la décision de « la mairie ». Les habitants sont montés en compétence grâce à cela.
La démarche se poursuit aujourd’hui dans d’autres villes comme Annecy, Chambéry ou Dieulefit.