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Nous sommes des citoyen.ne.s de Seine-Saint-Denis. Nous comptons sur les mobilisations sociales pour montrer un esprit de résistance et construire des solidarités. Pour nous, la citoyenneté, c’est réfléchir et faire réfléchir, agir et faire agir. Commençons à décider du monde dans lequel nous voulons vivre.

L’Italie à Pantin !

Le film Berlinguer, la grande ambition passe au ciné 104, le cinéma de Pantin situé au 104 rue Jean Lolive.

Pour un après-midi de semaine pendant les vacances scolaires, l’une des trois salles d’une cinquantaine de places était bien remplie, même si l’âge moyen dépassait sans doute la cinquantaine.

Le tarif plein à 7 euros y est peut-être pour quelque chose quand on sait qu’il faut le double dans une salle UGC.

Berlinguer était le dirigeant du Parti communiste italien entre 1972 et 1984. Faire un film sur lui était un pari risqué mais le public répond présent, même au-delà de l’Italie.

Les premières images rappellent le coup d’État au Chili en 1973, le putsch pousse Berlinguer à réfléchir à une voie italienne au socialisme, distincte de celle de l’URSS : il craint un coup semblable à celui qui a renversé le président de gauche élu au Chili. Le risque fasciste n’avait pas disparu dans les années 1970, au point qu’il a même repris le pouvoir depuis, et déjà c’était avec le soutien et le conseil des États-Unis et de leur CIA.

Le film nous fait pénétrer dans l’intimité simple de Berlinguer, sa femme et ses enfants, son intérieur et sa déco datée, mais a la profondeur de nous faire toucher les débats théoriques à l’intérieur du PCI ou entre les Italiens et les dirigeants du bloc soviétique, où les images d’archives se mêlent parfois à la fiction. La participation à l’OTAN, soutenue par le PCI, ne manquera pas d’interroger les Français, mais la défense du droit au divorce ou la revendication d’une liberté culturelle et intellectuelle répond aux préoccupations d’alors ici. Quel droit à la critique des communistes occidentaux vis-à-vis de l’URSS ? Quel rapport à la violence politique ? Et quelle stratégie parlementaire en l’absence de majorité, sans tomber dans la politique politicienne ?

Le film rappelle tout l’intérêt de cette période : Enrico Berlinguer et Aldo Moro, le dirigeant de la Démocratie Chrétienne italienne, ne parviennent pas, surtout du fait de la DC, à un compromis qui permette d’avoir un gouvernement stable. On se croirait en France en 2025 !

La crispation de la droite, le refus de la bourgeoise de céder aux classes populaires et l’absence de défascisation du pays pousse à des crises de violence politique à l’extrême-gauche et à l’extrême-droite. Aldo Moro sera exécuté par le groupe des Brigades Rouges en 1978.

Il faut croire que le peuple italien a su gré à Berlinguer et au PCI d’avoir chercher à construire cette issue socialiste à l’italienne : les résultats électoraux croissent et quand Berlinguer meurt d’une hémorragie cérébrale, un million et demi d’Italiens assistent à ses funérailles.

Ce film est une vraie réussite : il nous fait réfléchir en nous informant avec une œuvre qui se présente comme une fiction. C’est le cinéma d’aujourd’hui ! Et déjà le Ciné 104 annonce La petite dernière et L’Étranger ! Ce n’est pas prêt de s’arrêter !

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